Le 20e siècle est une période de bouleversements. Des institutions comme l’École nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson ou des fortes personnalités comme Marie Cuttoli (collectionneuse et éditrice textile) y jouent un rôle de premier plan. Mais l’histoire a surtout retenu un nom : le peintre Jean Lurçat, fondateur du renouveau de la tapisserie au 20e siècle.
L’École nationale des Arts décoratifs d’Aubusson
Le rôle de Marie Cuttoli
Jean Lurçat : le renouveau de la tapisserie
Au début du 20e siècle, Jean Lurçat réalise des aquarelles que sa mère puis sa femme transforment en grands canevas (point à l’aiguille). Alors connu comme peintre, il dessine des tapis pour Marie Cuttoli, puis un premier carton de tapisserie tissé à Aubusson en 1931. En 1939, le directeur des Manufactures nationales, Guillaume Janneau, lui confie la commande d’un ensemble mobilier et tapisserie (tissé aux Gobelins), et une mission à Aubusson : trouver un nouveau genre de décor dans lequel les gens se sentent « chez eux », avec une grande attention portée à l’expression de la forme et au style de la tapisserie « qui est du tissu avant d’être un décor ». Les modèles créés sont remarqués par la force inédite de leur expression et par leurs couleurs vives et peu nombreuses. Lurçat devient le fondateur du renouveau du medium tapisserie. Influencé par les fauves, les cubistes puis les surréalistes, ses représentations sont avant tout symbolistes. Il crée des centaines de pièces, dont certaines sont devenues identitaires, comme ses soleils ou ses coqs.
Jean Lurçat : le renouveau de la tapisserie
Lurçat et ses suiveurs
En amenant Dom Robert à la tapisserie, Jean Lurçat presse l’étonnante carrière de cet artiste qui remporte un grand succès auprès des visiteurs. La célébrité de Lurçat attire de nombreux artistes : Wogensky, Tourlière, Saint-Saëns, dont les qualités de fresquistes intéressaient Lurçat. René Perrot et Mario Prassinos ont également été sensibilisés à sa tapisserie. L’influence du « maître » est telle, que certains ont du mal à trouver leur propre voie : on a par exemple reproché à Picart Le Doux certains effets de ses compositions, trop proches de ceux de Lurçat. Un style est apparu, apprécié des critiques d’art et des collectionneurs. L’activité des ateliers d’Aubusson se relance et ce nouveau rayonnement attire. Des peintres comme Lagrange, Jullien, Matégot, ou Maurice André découvrent le dessin pour la tapisserie. Cette fructueuse émulation est à l’origine de nouvelles installations d’ateliers, même si la réponse aux multiples commandes est assurée par les manufactures « historiques ».
Lurçat et ses suiveurs
…Et maintenant




