
Gravure de Jean Picart à partir d'une peinture de Crispin de Passe (1593-1670), publiée dans l’édition française de l’ouvrage Diane de Jorge de Montemayor (1623)
À partir de 1601, suite à un édit royal d’Henri IV limitant les importations de tapisserie des Flandres, la production marchoise (Aubusson, Felletin, Bellegarde, etc.) se développe fortement.
En 1665, Colbert accorde le statut de manufacture royale aux ateliers d’Aubusson.
Il ne faut pas imaginer alors un grand établissement avec des centaines de lissiers à l’intérieur, mais plutôt une appellation attribuée à l’ensemble des artisans dispersés alors dans une véritable place forte de la tapisserie, le quartier de la Terrade à Aubusson.
Dans cette période, Aubusson tisse d’importantes tentures composées de plusieurs tapisseries dont les décors sont inspirés de la littérature appréciée alors, comme l’Astrée d’Honoré d’Urfé ou des récits inspirés des mythologies grecque et romaine. Isaac Moillon, peintre parisien, va fournir des modèles pour la fabrique aubussonnaise.
Felletin obtient un statut de manufacture royale en 1689.
Beaucoup de lissiers aubussonnais ont embrassé la religion réformée dite « protestante », la révocation de l’Édit de Nantes occasionne le départ de plusieurs centaines de lissiers, dont certains vont s’établir en Allemagne et fonder des manufactures de tapisseries prospères. Pour Aubusson, c’est un traumatisme qui ne sera jugulé que durant les années 1730.



