Âme
Enroulement d’un fil métallique autour d’un fil en soie, coton ou rayonne nommé « âme ».
À-plat
Partie d’une tapisserie tissée de manière uniforme, sans modelé.
Assortiment
Étalonnage des teintes et des matières (en fonction de leur brillance ou de leur matité) choisies lors de l’échantillonnage. La comparaison des teintes et des matières permet d’affiner ou de modifier certains choix, avec pour objectif la justesse et la fidélité de la future tapisserie à la création de l’artiste cartonnier.
Bain (teinture)
Eau chauffée à environ 90°C dans laquelle le coloriste dilue les poudres colorantes à l’aide du cassin, afin de teindre la laine écrue.
Barque
Cuve en inox (autrefois en bois, puis en cuivre) recevant l’eau chaude et le « bain » pour la teinture de la laine.
Basse lisse
Se dit d’un métier sur lequel les tapisseries sont tissées horizontalement, sur l’envers.
Battage
Passage ou pénétration d’une couleur dans une autre, tissée dans le sens de la trame, au moyen de hachures de forme triangulaire plus ou moins longues. En général, les battages traduisent les modelés.
Bolduc
Certificat d’authenticité délivré pour chaque nouvelle tapisserie d’Aubusson, cousu au dos de chaque pièce, qui reprend les informations reportées dans le registre officiel de certification (titre de la tapisserie, dimensions, nom de l’artiste cartonnier, nom du lissier ou de l’atelier qui a tissé la pièce, numéro d’authentification).
Bourrette de soie
Soie de troisième qualité. Fibres très courtes. Fil présentant de gros nœuds.
Cardage
Élimine les impuretés, parallélise les fibres pour obtenir un ruban moelleux, un voile de carde très fin.
Carton
Modèle (à grandeur réelle du tissage) qui sert à réaliser une tapisserie, d’où le nom de peintre-cartonnier donné celui le crée à partir de la maquette originale fournie par l’artiste. Au début du XXe siècle, a été défini le carton numéroté : œuvre dessinée à l’envers permettant un gain de temps considérable au tissage. Actuellement, les lissiers (nom des ouvriers qui tissent la tapisserie) travaillent avec des cartons numérotés, des cartons peints, des calques ou des photographies. Ces cartons sont glissés sous les chaînes et maintenus à l’aide d’épingles. Le carton constitue la charpente indispensable de la tapisserie.
Cassin
Instrument ressemblant à une grande louche à long manche, dont se sert le coloriste pour mélanger et diluer les colorants lors de la recherche d’une nuance, puis mettre la couleur obtenue dans le bain de teinture et le mélanger.
Chaîne (ou fils de chaîne)
Il s’agit des fils de coton (autrefois en lin et en chanvre) tendus parallèlement sur le métier de basse lisse afin de constituer le « support » de tissage du lissier. Les fils de chaîne sont positionnés sur des ensouples – deux gros rouleaux de bois. Les fils de chaîne pairs et impairs sont séparément reliés par des lisses à des barres de bois – barres de lisses. Ces barres regroupent une nappe « paire » et une nappe « impaire » et sont actionnées par des pédales qui permettent d’abaisser alternativement les fils pairs, puis les impairs. Cette ouverture permet le passage de la trame – fils installés sur des flûtes – et le tassement de cette trame à l’aide d’un peigne. Dès que la trame est tissée entre les fils de chaîne, ceux-ci ne sont plus visibles. La chaîne reçoit donc les fils de trame qui la recouvriront complètement pour donner naissance à la tapisserie. Le nombre de fils de chaîne, et par conséquent leur espacement, va déterminer la densité du tissage, l’épaisseur de la texture.
Chapelet de couleurs
Échantillonnage de laine ou de soie correspondant aux différentes couleurs ou teintes choisies en vue de l’exécution d’un carton déterminé et réunies sous forme de petites échevettes nouées les unes aux autres. Pour chaque carton, le chapelet est habituellement établi en deux exemplaires, l’un remis aux lissiers pour les guider dans le choix des couleurs en cours de travail, l’autre classé comme référence.
Chiné
Résultat obtenu par le mélange, sur la même flûte, la même broche ou la même canette, de plusieurs fils de couleurs ou de hauteurs de nuances très différentes. Les mélanges en chiné permettent de multiples combinaisons optiques, ils peuvent être employés pour obtenir des passages en dégradé d’une teinte claire à une teinte foncée.
Dégradé
Passage graduel par valeurs intermédiaires d’une teinte foncée à une teinte claire de la même gamme.
Driadi
Enroulement du fil de trame autour d’un ou plusieurs fils de chaîne. Technique utilisée en cours de tissage pour donner un contour précis au dessin textile, affermir les courbes.
Duite
Résultat de deux passées d’un fil de trame entre les nappes de la chaîne.
Échantillonage
Recherche des teintes et des matières, d’après le carton. La réussite de l’échantillonnage dépend de l’œil expérimenté du lissier et conditionne une partie de la fidélité de la future tapisserie à l’œuvre de l’artiste cartonnier. L’échantillonnage débouche sur l’assortiment des teintes et des matières, puis sur la constitution du chapelet.
Écheveau / échevette
L’écheveau (environ 250 grammes) est composé d’un fil de laine d’une seule nuance. Il est torsadé et lié. Le coloriste classe ses écheveaux de laine dans des casiers, par couleur. Dans le casier d’une même couleur, les écheveaux sont rangés de la nuance la plus claire à la plus foncée, de façon à faciliter la recherche du lissier. L’échevette est un échantillon d’une nuance de fil de trame choisie pour la réalisation d’une tapisserie. L’ensemble des échantillons / échevettes de nuances est regroupé en chapelet.
Ensimage
Favoriser le glissement des fibres et atténuer leur tendance à se charger d’électricité par frottement.
Épaillage
Débarrasser la laine des produits végétaux par carbonisation à l’aide d’acide sulfurique.
Étirage
On étire les rubans pour affiner les mèches et réduire progressivement leur section, et ils sont égalisés avec ajout de différentes sortes ou couleurs.
Filage
Opération de mise en fils des fibres textiles, étirées jusqu’à l’obtention d’un fil de la finesse désirée, réalisée à l’origine sur quenouille/fuseau – rouet (1530) – puis mécanisée.
Fil câblé
Fil formé de deux ou plusieurs fils retors simples, réunis lors de plusieurs opérations de retordage.
Fil mercerisé
Une base concentrée et froide (soude) est déposée sur le fil (en général fibres végétales). Le fil devient plus résistant, d’un aspect brillant et se teint plus facilement. Ce traitement résiste au lavage.
Fil métalloplastique
Lame d’aspect métallique obtenue à partir d’un film plastique métallisé.
Fil retors
Fil formé de deux ou trois brins simples réunis en une seule étape de retordage. Chaque composant ou fil simple est appelé « bout » (retors 2 bouts, retors 4 bouts – laine 2 fils). Les objectifs sont l’amélioration de la résistance et de la régularité, l’obtention de plus gros fils, la réalisation d’effets spéciaux.
Fils retors moulinés
Fils formés de filés de couleurs différentes.
Flûte
Petite navette en bois tourné sur laquelle est enroulé le fil de trame, que le lissier passe entre les fils de chaîne lors de l’exécution du tissage. Le fil de chaque flûte peut être composé uniquement de laine, ou bien d’un mélange de différentes fibres (laine, soie, synthétique) et / ou de différentes nuances, en vue de produire l’effet recherché dans le tissage.
Gamme de couleurs
Série de nuances montantes ou descendantes d’une couleur.
Garniture
Ajout de colorant dans le bain de teinture à l’aide du cassin.
Grattoir
Sorte de petit peigne en métal, avec des dents très courtes, utilisé par le lissier pour serrer régulièrement les fils de trame au fur et à mesure du tissage.
Hachure
Battage d’un ton dans un autre ou interpénétration de deux couleurs par demi-ton, pour obtenir un modelé. Les anciens tapissiers n’usaient que de hachures à une seule nuance.
Haute lisse
Se dit d’un métier sur lequel les tapisseries sont tissées verticalement, sur l’envers.
Laine astrakan
Laine de moutons à la toison frisée, élevés dans le nord de l’Afghanistan (Astrakan, ville sur la mer Caspienne) et de l’Iran. La fourrure des agneaux est stockée dans les dépôts de la Compagnie de l’Astrakan.
Laine mérinos
Fibres fines, provenant de moutons issus d’une race espagnole (mérinos : déformation du nom d’une tribu berbère, les Mérinides d’Afrique du Nord, puis invasions berbères en Andalousie). Le premier troupeau de mérinos est introduit en 1786 à Rambouillet dans les bergeries royales. La race est importée en Australie. Les élevages sont actuellement en Nouvelle-Zélande.
Laine shetland
Fibres denses et robustes, elle provient des moutons des îles Shetland.
Laine vierge Woolmark
Label de pure laine vierge créé en 1964. Les contrôles s’appliquent à tous les stades de la fabrication (résistance au lavage, à l’usure, à la déchirure, tenue des coloris et détails des finitions des produits).
Lame
Fil métallique laminé par passage dans des filières, peut être utilisé tel quel.
Lisse
Cordelette fixée sur un fil de chaîne et le reliant à une « marche »(pédale) que le lissier actionne avec le pied, afin d’écarter les fils pairs et impairs de la chaîne pour faire passer le fil de trame lors du tissage (peut s’écrire également « lice », principalement lorsque l’on parle de la tapisserie des Flandres).
Lissier
Artisan ou ouvrier exécutant le tissage de la tapisserie.
Maquette
Création artistique, en général en réduction de la tapisserie finale (souvent échelle 1/10e) pouvant être exécutée par l’artiste selon différents mediums : peinture, gouache, aquarelle… Au XVIIe siècle, la maquette est souvent une estampe (moyen privilégié alors pour faire circuler les œuvres). De nos jours elle peut être photographique ou constituée d’une image numérique. La maquette sert de base pour réaliser le carton et va guider le lissier pour l’assortiment des couleurs.
Marche
Sorte de pédale commandant l’abaissement de la nappe de fils de chaîne, pour permettre au lissier de passer le fil de trame entre les fils de chaîne pairs et impairs.
Nappe
Ensemble de fils de chaîne, pairs ou impairs, que le lissier peut abaisser en appuyant sur une « marche » avec le pied, afin de faire passer le fil de trame entre les fils de chaîne.
Passage
Nuance intermédiaire d’un ton à un autre, qui peut être obtenue soit par un troisième ton, soit par battage.
Passée
Action de passer une flûte de fil de trame entre deux nappes de fils de chaîne (pairs et impairs).
Peignage
Le peignage complète l’épuration de la laine par élimination d’un certain pourcentage de fibres courtes.
Peigne
Outil caractéristique du lissier (réalisé généralement en buis) destiné à tasser les fils de trame après plusieurs passées (ou « duites » ).
Piqué
Mélange sur la même flûte ou broche, de fils de laine de valeurs nettement opposées donnant un tissage irrégulier.
Pointillé
Répartition régulière de deux couleurs ou de deux valeurs opposées.
Relais / couture de relais
Solution pour relier deux formes / deux teintes juxtaposées dans le tissage, toutes deux parallèles à la chaîne de la tapisserie.
Rentraiture
Pour le restaurateur de tapisseries anciennes, reconstitution à l’aiguille de la chaîne ou de la trame sur des parties usées, détruites ou coupées.
Sériciculture
Élevage méthodique du ver à soie en vue de la production de la soie, pratiquée en France dans les magnaneries. La magnanerie assure les meilleures conditions de conservation des chenilles, de leur éclosion au dévidage des cocons.
Soie grège
Soie de première qualité, représente le tiers de la longueur du fil. Fil net, brillant, précieux.
Soie schappe
Soie de deuxième qualité. Bourre de soie. Déchets du dévidage.
Titrage du fil
Rapport existant entre le poids et la longueur du fil. L’unité de mesure est soit le numéro métrique – une longueur pour un poids donné – soit le denier ou système tex – un poids pour une longueur donnée.
Tombée de métier
Phase finale de l’exécution d’une tapisserie. On coupe les fils de chaîne pour découvrir la tapisserie dans son ensemble et sur son endroit (le tissage étant exécuté sur l’envers) pour la première fois.
Tonte et dessuintage
La tonte est annuelle. 40 % de la toison est composé de gras, de saletés et de débris végétaux. Le dessuintage et le dégraissage permettent d’éliminer le suint.
Torsion des fils
Enchevêtrer les filaments et les disposer en hélice afin d’améliorer la qualité du fil. La torsion modifie la solidité du fil : plus un fil est tordu, plus il est résistant. Le terme « torsion » désigne à la fois le sens de la torsion et le nombre de tours par mètre. Une dénomination a été établie en 1942. En Z : les spirales du fil tenu en position verticale ont la direction du trait oblique de la lette Z (dirigées du bas gauche vers le haut droit). En S : les spirales du fil tenu en position verticale ont la direction du trait oblique de la lettre S (dirigées du bas droit vers le haut gauche). Le degré de torsion désigne le nombre de tours par unité de longueur, c’est-à-dire le nombre de tours par mètre donnés à des fils simples.
Trame
Les fils de trame sont passés sur le « support » de tissage que constituent les fils de chaîne. La trame est la seule partie visible de la tapisserie à l’issue du tissage, reproduisant les formes et les couleurs du carton. Les fils de trame peuvent être de différente nature : laine, soie, fils métalliques, synthétiques, etc. Sur une authentique tapisserie d’Aubusson, les fils de trame pendent au dos de la tapisserie.
